L'ancienne église des cordeliers de Briançon

Cet édifice, actuellement en cours de restauration, renferme un riche programme de peintures murales.  

L’église de l’ancien couvent des Cordeliers de Briançon a été édifiée en 1388 pour les frères franciscains dans une période marquée par la répression de l’hérésie vaudoise. 

 

Sur l’arc triomphal se trouve une scène, datée de 1427, représentant l’Annonciation.

 

L’archange Gabriel, agenouillé à gauche, tient un phylactère sur lequel sont inscrites les premières paroles de l’annonce faite à Marie. Marie, à droite, a les mains croisées sur sa poitrine en signe d’acceptation. La Colombe du Saint-Esprit descend sur elle.

 

Arc triomphal

 

La chapelle du chœur nous révèle un décor de facture exceptionnelle.

 

Sur la voûte, de part et d’autre d’une gloire solaire, sont représentés les quatre évangélistes installés dans des chaires monumentales. Accompagnés de leurs symboles, ils retranscrivent la Parole sur de longs phylactères. 

 

Chapelle des évangélistes - voûte

 

Sur les murs pignons sont figurés d’un côté la faute d’Adam et Eve et de l’autre le couronnement de la Vierge. Ce décor peut être daté de la deuxième moitié du 15e siècle.

 

Eve

 

 

Sur le mur nord de la deuxième travée de la nef est peint un cycle consacré à la vie de saint Antoine Abbé.

 

L’intervention récente des restaurateurs en a permis une lecture détaillée. Ce saint était invoqué contre de nombreuses maladies : peste, lèpre, gale et l’empoisonnement appelé « feu de Saint-Antoine ». 

 

Saint Antoine distribue l'argent aux pauvres

 

Saint Antoine est généralement représenté seul, avec ses attributs : le Tau (un bâton en forme de T) muni d’une clochette, un livre, des flammes à ses pieds et souvent un petit cochon. Il est donc tout à fait remarquable de trouver un cycle complet de sa vie. Pour trouver d’autres cycles, plus lacunaires, il faut se rendre en Italie dans le périmètre d’Oulx, territoire des anciens escartons.

Cordeliers et Antonins entretenaient des relations étroites. Les seconds disposaient d’un hospice à Névache où un mystère de saint Antoine, pièce de théâtre à caractère religieux, a été recopié, et probablement joué à partir de 1503.

Lorsqu’on place ce texte en parallèle avec les scènes représentées aux Cordeliers et en Italie, nombre de détails se recoupent : par exemple à Briançon, comme dans le texte, la luxure met en valeur son décolleté alors qu’habituellement elle exhibe seulement sa cuisse.

 

Saint Antoine et la luxure

 

De même, le supplice infligé au saint par les démons est l’arrachage des dents et des ongles, détail absent du récit de sa vie mais souligné dans le mystère. On le retrouve aussi bien dans les peintures murales des Cordeliers que dans celles du versant italien.

 

Cette lecture a permis ainsi de démontrer d’une part une influence quasi-certaine du cycle de Briançon sur ceux du secteur d’Oulx, d’autre part l’impact d’une représentation théâtrale très populaire sur l’iconographie d’édifices religieux situés de part et d’autre de l’actuelle frontière avec l’Italie.

 

 

Vous voulez en savoir plus, le service du Patrimoine a édité un livre aux Editions du Fournel, en vente dans les librairies briançonnaises.

 

Livre

 

 

Service du Patrimoine - Philippe Delmas

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